Chroniques

6031: Enfin un Monument national de l’Holocauste pour le Canada !

Il était temps ! Jusqu’à hier, le Canada était le seul pays allié qui n’avait pas de monument à la mémoire de l’Holocauste dans sa capitale, lacune comblée hier, en grande pompe, lors de l’inauguration du Monument national de l’Holocauste du Canada.

Le monument

À l’origine de ce monument, la Loi sur le Monument national de l’Holocauste, dont le préambule affichait on ne peut plus clairement les convictions et intentions des parlementaires canadiens :

Attendu :

qu’il n’y a dans la région de la capitale nationale aucun monument public pour rendre hommage aux survivants canadiens et aux victimes de l’Holocauste;

que le plan d’Hitler visant à exterminer les Juifs d’Europe a conduit au meurtre de six millions d’hommes, de femmes et d’enfants;

que les nazis voulaient supprimer des groupes vulnérables, comme les personnes handicapées, les Roms et les homosexuels, afin d’établir la supériorité de la race arienne;

qu’il est important de veiller à ce que l’Holocauste ait toujours sa place dans notre conscience et notre mémoire;

que nous avons le devoir d’honorer la mémoire des victimes de l’Holocauste en raison de notre promesse collective de ne jamais oublier;

que l’édification d’un monument national rappellera à tout jamais au peuple canadien l’un des moments les plus noirs de l’histoire de l’humanité ainsi que les dangers qu’engendrent la haine sanctionnée par l’État et l’antisémitisme;

qu’un monument national servira d’outil pour aider les générations futures à prendre connaissance des causes profondes de l’Holocauste et de ses conséquences, afin de contribuer à prévenir d’autres génocides,

[…]

Sur de telles bases ne pouvaient que s’élever un monument d’une grande force spirituelle. Pour réaliser ce projet, le gouvernement canadien fit appel artistes, architectes et paysagiste, puis choisis, parmi plusieurs propositions de monument, le concept Un paysage de deuil, de souvenirs et de survie. Le gouvernement présente le projet ainsi :

Le concept gagnant se veut une proposition intégrée dans laquelle l’architecture, le paysage, l’art et l’interprétation font partager les épreuves et les souffrances vécues par les victimes de l’Holocauste, tout en transmettant un message puissant, celui de la force et de la survie de l’humanité.

L’austère monument, réalisé à l’aide de grandes dalles de béton armé, représente une étoile de David, vu des airs. Il a été conçu suffisamment grand pour pouvoir accueillir plus de mille personnes, à l’occasion de grand-messes holocaustiques. Le premier ministre canadien Justin Trudeau à l’inauguration du Monument national de l’Holocauste

Le premier ministre canadien Justin Trudeau à l’inauguration du Monument national de l’Holocauste

L’inauguration

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a donc inauguré ce Monument national de l’Holocauste hier, le 27 septembre 2017, en présence de plusieurs survivants de l’Holocauste. À cette occasion, il a déclaré :

Ce monument, qui se trouve si près de notre Parlement et de notre Cour suprême, nous rappelle le terrible prix que nous payons lorsque nous permettons à la haine et à la tyrannie de vaincre l’ouverture, l’inclusion et la liberté. Aujourd’hui, nous réaffirmons notre engagement inébranlable à combattre l’antisémitisme, le racisme, la xénophobie et la discrimination sous toutes ses formes, et nous rendons hommage à ceux qui ont connu le pire de l’humanité. Nous pouvons les honorer en combattant la haine par l’amour et en cherchant constamment à voir dans les autres le reflet de nous-mêmes.

Dans son communiqué de presse, le cabinet du premier ministre a également ajouté :

Le Monument national de l’Holocauste commémore les millions de personnes qui ont subi de telles atrocités aux mains du régime nazi. Il rend hommage à ceux dont les témoignages ne doivent jamais tomber dans l’oubli. […] Le Monument national de l’Holocauste nous rappelle qu’il est notre devoir collectif et vital de nous dresser contre l’antisémitisme, le racisme et la haine, et de donner un sens à ce vœu solennel : « Plus jamais. »

Après le monument, les excuses

Le gouvernement Trudeau ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : il est d’ors et déjà envisagé que le Canada présente des excuses dans l’affaire du MS St.Louis. Cet incident remonte à 1939 : le Saint-Louis, paquebot transatlantique allemand, s’était vu interdit d’accoster au Canada alors qu’il transportait près de mille juifs allemands qui désireraient trouver refuge en Amérique.

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